







Notice de Marcel Guérin. Paris Librairie Gründ 1948 in-folio. 10 planches sur 12. Il manque les planches N° 6 – Le sommeil et N° 7 – Blanche et noire. In-folio en feuilles (52,5 x 36 cm). 10 lithographies en couleurs, noir et blanc et sanguine de Henri de Toulouse Lautrec sur papier des papèteries d’Arches (5 en couleurs, 4 en noir et 1 en sanguine) en feuilles sous portefeuille imprimé de l’éditeur. Tirage à 750 exemplaires. Celui-ci l’un des 140 sur papier des papèteries d’Arches (n° 101). Belles lithographies tirées par Mourlot et André Thiry, portant toutes le timbre à sec de l’éditeur (« LG »). Ces estampes sont souvent présentées à l’unité, beaucoup plus rarement dans leur ensemble. Les thèmes représentés s’inspirent de ceux que le peintre affectionnait particulièrement durant la dernière décennie du XIXe siècle : les cabarets, avec leurs chanteurs, danseurs et actrices ; les maisons closes ; les courses hippiques ; Napoléon. La prestigieuse série est supervisée par la Librairie Grund à Paris, réputée pour ses éditions posthumes de grande qualité, fidèles à l’esprit original de Lautrec. Ces ouvres portent le monogramme de l’artiste gravé dans la pierre et ont été réalisées sur un papier d’art de qualité supérieure selon les techniques lithographiques traditionnelles. Miss May Belfort 1894. Cette estampe capture une scène de cabaret intime en fin de soirée, dans un noir et blanc expressif. Inspirée par le post-impressionnisme et l’Art nouveau de la fin du XIXe siècle, ses nuances lithographiques veloutées et ses lignes esquissées confèrent une atmosphère feutrée et nostalgique à tout espace. Tout comme Cecy Loftus et miss Ida Heath, miss May Belfort enchantait les parisiens avec son répertoire entre l’anglais et le français et son sourire doux. Gustave Coquiot disait d’elle: Elle était si cocassement puérile, costumée en baby, avec ses boucles déroulées sur l’épaule. Elle miaulait, tenant un chat noir entre ses bras, ou n’en tenant point. Etude de femme, 1893. L’Écossaise Marie-Cecilia McCarthy a bâti sa réputation dans les cabarets de Londres en tant qu’imitatrice, avant de connaître la gloire à Paris, sous le nom de Cecy Loftus, grâce à sa personnification de la chanteuse française Yvette Guilbert. Dans cette lithographie, elle porte un haut-de-forme et des gants trop grands, tient une canne et se pavane sur la scène comme un dandy, parodiant ainsi la mode masculine du milieu des années 1890. La volumineuse robe qu’elle porte reflète les feux éblouissants de la rampe et offre une perspective comique en jouant sur les genres. La loge au Mascaron doré, 1893. L’une de ses inventions les plus célèbres, La Loge au Mascaron Doré, était un programme pour la pièce de Marcel Luguet, Le Missionnaire, créée au Théâtre Libre le 24 avril 1894. Par son utilisation parcimonieuse de la couleur, il s’agit d’une des plus grandes réussites de Lautrec dans le domaine de la lithographie couleur petit format. En haut à gauche, on aperçoit le profil de l’illustrateur anglais Charles Edward Conder. Qui avait rencontré Lautrec au Moulin Rouge » Adriani, p. En 1895, Lautrec est invité à une grande manifestation nationale. L’exposition du Centenaire de la lithographie, à Paris. Il y envoie : la Goulue et sa sour, la Loge au mascaron doré, Leloir et Brandès, soit deux grandes pièces en couleurs et une en noir et blanc. Miss Ida Heath, danseuse anglaise, 1894. Cette lithographie restitue avec dynamisme et expressivité le portrait que Lautrec fait de la célèbre danseuse anglaise, saisie en pleine représentation dans un élégant décor théâtral. Cette ouvre porte le monogramme « LG » gravé dans la pierre et a été réalisée sur un papier d’art de qualité supérieure selon les techniques lithographiques traditionnelles. Elle appartient à la prestigieuse série supervisée par la Librairie Grund à Paris, réputée pour ses éditions posthumes de grande qualité, fidèles à l’esprit original de Lautrec. Elsa la Viennoise 1897. Entre 1895 et 98, les portraits sont un thème particulièrement fréquent chez Toulouse-Lautrec. Le dessin original dont est tirée notre estampe est daté par MG Dortu de 1897 ; comme l’ensemble de ces portraits tardifs, il est plus achevé, moins synthétique et spontané que les ouvres de la période précédente. Elsa dite la Viennoise, est une prostituée autrichienne rencontrée par l’artiste rue des Moulins ; ce dessin s’inscrit donc dans l’ensemble des portraits de filles de maison réalisés par Lautrec à cette période. Il consacre cette même année une lithographie à cette femme dont il souligne l’élégance dans une image dont l’écriture décorative est proche des Nabis. Dans ce dessin, la femme est de profil, le visage plus travaillé, le haut du corps à peine esquissé, principe quasi systématique de tous les dessins de femmes de cette période 95/98. On ressent dans cette ouvre la sensibilité de Lautrec à la beauté féminine dans une restitution toute en délicatesse de la physionomie de son modèle, dont la lithographie souligne également le visage impassible et mélancolique. Le Jockey est l’une des dernières grandes lithographies de l’artiste, née d’un nouvel élan artistique après la maladie nerveuse due à l’alcool qui l’a conduit à l’hôpital en février 1899. Pendant sa convalescence, l’éditeur Pierrefort, accompagné de son imprimeur Henri Stern, rend visite à l’artiste à la clinique de Neuilly et lui propose de réaliser une série de lithographies consacrées aux courses de chevaux qui seront publiées dans un album intitulé Les Courses. Seules quatre lithographies sont réalisées (Adriani 345-348), dont seule Le Jockey fait l’objet d’une édition. En 1899, l’artiste projeta une « Suite Courses » (semblable à la « Suite Elles » publiée en 1896), mais n’en réalisa que quatre estampes, dont celle-ci est la seule à avoir été éditée. Seuls quelques exemplaires d’épreuve subsistent des trois autres estampes (Wittrock 309, 310 et 311). « Le Jockey » fut acquis par l’éditeur Pierrefort en 1899, avec 100 estampes en noir et blanc et 112 en couleurs, dont 12 sur papier japonais épais et 100 sur papier chinois. Les éditions furent publiées sans la signature de l’artiste ni numérotation. Le moulin à vent lointain visible dans Le Jockey identi? E le cadre comme étant le champ de courses de Longchamp, dans le bois de Boulogne, à Paris. Le dynamisme de l’estampe est obtenu grâce au raccourcissement audacieux du cheval au premier plan et à l’utilisation dramatique de la perspective, des procédés redevables aux ouvres de Degas et de Manet. L’audace de la composition est encore renforcée par l’horizon élevé et le recadrage abrupt des chevaux à gauche, vus d’une position élevée (un procédé dérivé des estampes japonaises), créant l’illusion qu’ils sont en fait suspendus au sol. Les formes en écho des chevaux et des jockeys, qui occupent la majeure partie de l’espace de l’image et se détachent puissamment sur l’étendue vert clair de l’arrière-plan, confèrent à l’ouvre une forte impression de surface. La force irrésistible de ce motif est particulièrement évidente dans la présente impression en raison de la puissance des couleurs qui ajoutent de la profondeur et du contraste à la scène. Amazone et Tonneau, 1898. Cette lithographie, véritable hommage à Edgar Degas, a été imprimée en 1898. C’est la seule lithographie de la série qui se distingue par son aspect absolument spontané, clairement inspiré d’un dessin au crayon réalisé devant le sujet. Cachet du monogramme dans la planche Porte le timbre sec de l’éditeur LG (Librairie Gründ). La lithographie originale date de 1895 par l’Atelier Lombarda à Milan, Italie. En 1895, l’affiche « Napoléon » fut soumise à un concours organisé par les marchands d’art Boussod et Valadon pour promouvoir une nouvelle biographie de l’empereur. La composition de Lautrec, relativement sobre dans son dessin et naturaliste dans ses détails, n’en est pas moins empreinte d’une immédiateté caractéristique et d’un symbolisme original : les chevaux rouges, blancs et bleus évoquent le drapeau tricolore français et les uniformes des soldats rappellent les campagnes de Napoléon en Afrique du Nord et en Europe. Bien que Lautrec eût adouci son style pour plaire aux goûts académiques du jury, le lauréat du concours fut Lucien Métivet – comme Lautrec, ancien élève de Fernand Cormon – qui soumit un dessin emblématique et héraldique. La passagère du 54, 1896. C’est lors d’un trajet entre Le Havre et Bordeaux, à bord du paquebot « Le Chili », que Toulouse-Lautrec croise le regard d’une jeune inconnue occupant la cabine 54. Fasciné par cette femme, mais n’osant pas l’aborder, l’artiste va prolonger son séjour à bord jusqu’à Lisbonne.. Il la représentera dans notre lithographie, réalisée à partir d’une photographie envoyée au peintre par le propre capitaine du bateau. Une affiche fut ensuite créée, pour Le Salon des Cent, jouant sur l’idée d’internationalité suggérée par les voyages maritimes.























